Publication du fonds de l’Association romande contre le racisme SOS Racisme

Les Archives contestataires ont collecté et traité le fonds d’archives de l’Association romande contre le racisme SOS Racisme (ACOR SOS Racisme), désormais disponible à la consultation.

Flyer de présentation de la ligne téléphonique d'ACOR SOS Racisme

ACOR SOS Racisme est fondée en 1995, suite à la votation en faveur de l’introduction de l’article 261bis contre les discriminations raciales dans le code pénal, et à la ratification par la Suisse de la Convention internationale de l’ONU pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (CERD). Elle s’inscrit dans la continuité des antennes suisses de SOS Racisme, dont la première avait été fondée à Fribourg en 1985, suivie par la création de groupes vaudois et genevois, puis d’une coordination nationale. Le mouvement s’était ensuite essoufflé au début des années 1990 : les bureaux cantonaux ferment, hormis pour le groupe fribourgeois, qui fusionne en 1991 avec le Centre de Contact Suisse-Immigrés (CCSI) Fribourg. À sa création, ACOR devient donc de facto l’antenne romande de la constellation internationale des SOS Racisme.

Fondée dans le but de lutter contre toutes les formes de discrimination raciale et de veiller à l’application effective de la CERD en Suisse, ACOR opère principalement au moyen d’une permanence téléphonique antiraciste gratuite. La ligne connaît un succès croissant : plusieurs centaines de cas annuels seront traités entre 1995 et 2007. S’il peut s’agir de simples demandes d’informations ou de besoin de partager une expérience vécue, une partie des dossiers débouche sur un accompagnement important d’ACOR, soit dans une démarche de médiation, soit dans une action légale (dépôt de plaintes, procès), dont plusieurs ont fait l’objet de traitements médiatiques conséquents. Tous les appels sont enregistrés dans des fiches de cas et d’éventuels dossiers de suivi, qui constituent une large partie du fonds d’archive. L’association utilise également ces données pour constituer un observatoire du racisme, et produit plusieurs rapports statistiques.

L’association mène par ailleurs des actions de sensibilisation et de formation (notamment à travers des projections des trois documentaires sur le mouvement Skinhead du réalisateur suisse Daniel Schweizer), participe au débat public et à plusieurs campagnes politiques, interpelle les autorités publiques sur des questions de politique migratoire, de violences policières et de contrôle au faciès, et documente le racisme en Suisse romande au moyen de revues de presse conséquentes. Elle effectue enfin plusieurs publications de livres et de brochures, principalement sur la question du racisme d’État, et publie régulièrement un Bulletin d’information de l’ACOR, renommé en 2002 La lettre de SOS Racisme. Elle reprend ainsi à son compte le nom du journal lancé dans les années 1980 par SOS Racisme Fribourg, auquel collaboraient alors les diverses antennes cantonales de SOS Racisme. En 1994, cette première mouture de la Lettre avait fusionné avec Carrefour, le journal des Centres de Contact Suisses-Immigrés, et fut pendant dix ans le fruit d’une collaboration entre les CCSI et ACOR par le biais d’une association éditrice propre, avant la dissolution de celle-ci en 2004. Dès 2002, ACOR lance donc parallèlement une nouvelle mouture de la La lettre de SOS Racisme qui perdure, elle, jusqu’à 2006.

ACOR possède un bureau à Lausanne et un bureau à Genève et entretient de tout temps un lien fort avec le CSP, qui finance ses locaux genevois et, pour un temps, le poste de secrétaire général. Elle emploie plusieurs salarié-es et enregistre quelques centaines de membres et des dizaines de bénévoles. Elle est financée principalement par les cotisations de ses membres, par la loterie romande, ainsi que par des subventions fédérales et cantonales. À partir de 2007, elle perd progressivement ses subventions : les salarié-es sont licencié-es et la ligne antiraciste coupée en 2008.